Hier, à l'occasion de la journée internationale de la télévision, j'ai rencontré un lobby de plus en plus influent, le CRUCAJIM : Collectif pour la Réorganisation Urgente du Calendrier Annuel des Journées Internationales et Mondiales.
Interview avec le fondateur du collectif : Luther Blissett.
Jojo : M. Blissett, pouvez vous exposer les raisons qui vous ont conduites à fonder le CRUCAJIM ?
LB : Bien sur, en bon citoyen du monde, j'ai toujours été attentif aux actions de l'ONU pour promouvoir la paix et la sécurité dans le monde, les relations amicales entre les nations, la coopération internationale, les efforts des nations dans des objectifs communs et l’intangibilité des frontières. Parmi les actions simples et quotidiennes, je me suis efforcé de respecter le calendrier des journées internationales. Au début, c'était plutôt simple, je marquais le coup en faisant la cuisine pour la journée de la femme, je mettais un préservatif pour la journée mondiale contre le SIDA, je coupais le robinet pendant que je me brossais les dents pour la journée internationale de l'eau... mais très vite le rythme est devenu infernal au fur et à mesure que de nouvelles journées mondiales et internationales étaient créées. Aujourd'hui j'ai recensé environ 120 journées mondiales et internationales, soit une tous les trois jours, comment voulez-vous que la population les prenne au sérieux dans ces conditions ? Le résultat de cette politique anarchique de gestion des dates des journées internationales et mondiales est l'instauration d'une indigne hiérarchie dans les causes à défendre, hiérarchie construite d'une part par les financements accordés par l'ONU et d'autre part par le sex-appeal des causes humanitaires auprès des mass-média mondiaux. Cette situation va à l'encontre de tous les principes défendus par les organisations transnationales.
Jojo : Que proposez-vous pour remédier à cet état de fait ?
LB : Le CRUCAJIM porte une idée simple et efficace, le regroupement des journées internationales et mondiales autour de 8 grandes thématiques déclinées au cours de 8 journées par an. Ce nombre nous semble suffisant pour traiter toutes les grandes causes défendues par l'ONU pour aujourd'hui et pour demain sans que leur impact n'en soit atténué par une répétitivité exagérée. Le regroupement sur 8 jours des journées internationales et mondiales existantes permettrait également de concentrer les efforts budgétaires et humains de façon à marquer durablement les esprits. Et puis surtout ça nous laisse 357 jours et même 358 les années bisexstiles pour penser à nous au lieu de passer 4 mois de l'année à se soucier des problèmes des autres.
Jojo : Quels sont les 8 thématiques autour desquelles vous souhaitez regrouper les fêtes internationales et mondiales actuelles ?
LB : Tout d'abord, il y a la journée « La guerre c'est mal » le 21 septembre, la journée sans soutien gorge le 8 mars, la journée « Les enfants ne sont pas que des petits cons » le 15 juin et la journée « l'homme est égaux mais pour certains ce sera très très dur » le 10 décembre qui seraient organisées et financées par l'ONU en direct. Ensuite l'OMS organiserait la journée « On va tous mourir » le 7 avril, l'OIT la journée « Travailler plus pour gagner plus » le 14 octobre, l'UNESCO la journée « C'est quoi ce blaireau en tutu ? Y a pas Navarro ce soir ? » le 21 février et l'OME la journée des pandas le 5 juin.
Jojo : C'est bizarre vous n'avez rien prévu pour l'OMC ?
LB : C'est notre projet à long terme, nous avons un projet de journée internationale de la mondialisation articulée autour de plusieurs célébrations : la minute pour la délocalisation, la minute pour la capitalisation boursière, la minute contre les barrières commerciales... mais nous pensons que la population mondiale n'est pas encore prête. Et puis c'est un sujet assez transversal pour être traité au cours des 8 journées qui forment notre objectif principal.
Jojo : Je vais justement revenir sur ces 8 journées, comment compter vous prendre en compte toutes les journées internationales et mondiales actuelles en seulement 8 jours ?
LB : Nous avons regroupé par thématique les journées internationales et mondiales actuelles, au cours de chaque journée thématique, un moment sera consacré à la défense d'une cause mise en valeur actuellement par une journée internationale ou mondiale. Ce moment pourra être une minute comme je l'ai suggéré pour la journée de la mondialisation, ou bien un moment plus conséquent selon la population concernée par la cause à défendre. Par exemple, pendant la journée « la guerre c’est mal », il y aura à 11h la minute internationale de mobilisation contre la guerre et les occupations qui correspond à la journée du même nom organisé jusqu’à présent le 27 septembre. Pendant cette minute, tous les peuples seront encouragés à arrêter de faire la guerre, c'est à dire pas de bataille navale, pas de balle au prisonnier, pas de combats de pouces et plus généralement, tout le monde arrête ses occupations.
Par souci d'équité, nous avons également défini de nouvelles causes à défendre pour ne jamais laisser pour compte une partie de la population. Par exemple, pendant la journée « les enfants ne sont pas que des petits cons », il y aura la minute de l'enfant africain pour reprendre la journée internationale de l'enfant africain du 16 juin mais il y aura aussi 4 autres minutes pour les enfants américains, asiatiques, européens et océaniens. Mais si vous voulez plus d'explications sur le déroulement proposé des journées envisagées, j'ai un document open office qui présente al journée "C'est quoi ce blaireau en tutu ? Y a pas Navarro ce soir ?"
Jojo : Oui je veux bien comme ça je me fais pas chier, je fais un copier/coller et on peut aller prendre l'apéro.